jeudi 15 avril 2010

Le grand Manolete

Le torero revêt l'habit de lumière. Tout un cérémonial. Le torero est pieux. Il se recueille devant les crucifix, les images, les bougies. Il récite à la hâte quelques prières. Et voilà qu'il se dirige vers les arènes, là où la foule- impitoyable- l'attend pour juger de sa bravoure et de son adresse. Le taureau quant à lui ne le découvrira qu'au fur et à mesure de la lutte, comme Manolete l'explique si bien à son amante Lupe: "Après vingt passes, il voit d'abord mes chevilles, puis mes genoux, et enfin il me voit. C'est à ce moment que ça devient fascinant".

Le film de Menno Meyjes fait revivre le grand Manolete à travers le visage d'Adrien Brody, tandis que Penelope Cruz incarne Lupe Sino. "Tu es vraiment le plus bel homme laid que j'ai jamais vu" lui dit-elle. Tout le film dévoile le caractère sobre et réservé de Manolete mais aussi l'amour torturé qu'il porte à Lupe. Lupe est éclatante de beauté. C'est son absence dans les arènes de Linarès qui pousse le torero à vouloir briller en "travaillant" le taureau de près. C'est l'ultime corrida. La lutte entre le torero et le taureau s'avère fatale. Islero tue Manolete et fait entrer son nom dans l'histoire.

Si le film suggère le "suicide", c'est sans doute qu'il a voulu magnifier l'histoire d'amour entre Manolete et Lupe. Car il semble absurde de croire à la mort volontaire d'un grand torero...

Luis Miguel Dominguín qui a toréé juste avant, assiste, abasourdi, à l'agonie de Manolete à l'hôpital, dans la fumée des cigarettes. L'idole de tout un peuple s'en va.

« Pourquoi descendons-nous dans l’arène ?» s'interroge Luis Miguel Dominguín dans son livre "Pour Pablo". « Pourquoi revêtons-nous l’habit de lumière et chaussons-nous ces bas roses ? Plus d’une fois j’en ai cherché la raison et, à mon avis, elle réside dans la présence de la femme sur les gradins. Si la femme n’assistait pas à la fête, les toreros n’existeraient pas. Moi du moins. Le torero, donc, combat parce que la femme est sur les gradins. (...) Comment quitter rapidement le tournoi en vainqueur ? En faisant de son mieux, stimulé précisément par la femme, non la femme réelle, mais l’image symbolique du désir de bonheur que tout homme porte en soi ».

4 commentaires:

  1. olé!!!!!!!!!
    et viva la corrida !
    et honte à ceux qui la dénigrent ! n'ont-ils donc pas compris que dans la vie tout tourne autour de l'amour, du pouvoir et de la mort ?
    nous ne voulons pas d'un monde aseptisé...

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  2. ce film est époustouflant de beauté!

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  3. cool! j'aime ton article!!! encore plus envie de voir ce film!

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  4. J'étais sure que tu irais le voir !! J'epsère que tu pourras partir en Turquie...

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