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mercredi 13 avril 2011

A Libé, montez à la terrasse s'il-vous-plaît

Au-dessus des toits de Paris. Le matin, sur la terrasse des bureaux de Libération. Le quotidien a la particularité d'avoir pris ses quartiers dans un ancien parking. La rampe d'accès est restée le point central de l'édifice. Dans chaque service, les piles de livres et de journaux ont remplacé les voitures. Au 8e, la terrasse prend des allures de fumoir avec vue sur la ville.


L'après-midi, depuis le chantier de restauration des façades du Palais Royal. Les ouvriers ont vidé les lieux. Les pierres silencieuses se sont refait une beauté. Tout en haut des échafaudages, un décor grandiose attend le visiteur.




Photos: leschroniquesdelouise

samedi 22 janvier 2011

Le Nouvel Obs ouvre ses portes aux Bernardins

Le collège des Bernardins accueille la journée portes ouvertes du Nouvel Observateur. Les débats se succèdent toute la journée dans ce lieu prestigieux. Sous les voûtes du XIIIe siècle, une file d'attente s'est déjà formée aux alentours de 11h30. On attend la libération d'une salle.

Au sous-sol, vers 12h, Sara Daniel et Farid Aichoune animent un débat sur le monde arabe.
Les évènements récents en Tunisie sont au cœur des discours. Le régime de Ben Ali que l'on pensait si stable vient de faire place à la démocratie.
Souhayr Benhassen, présidente de la Fédération internationale des droits de l'homme, évoque la "belle Tunisie au jasmin et ciel bleu". Elle s'interroge sur la "contagion démocratique" dans les pays du Maghreb et de l'Orient. Elle parle d'influence de la Toile, de guerre numérique.

L'Europe semble considérer les pays arabes comme des pays figés, ne pouvant accéder à une démocratie à l'européenne. L'exemple de la Tunisie est un signal formidable.
Mais, l'historien Benjamin Stora préfère avancer l'idée selon laquelle "la Tunisie ne peut pas porter la responsabilité de toute la démocratisation du monde arabe". Il ne faut pas considérer qu'elle est "un laboratoire" ou "une avant-garde" de ce mouvement.
L'Egypte pourrait bien porter un regard sur la Tunisie, l'Algérie connaître des effets à long terme. Une maturation est possible.
La révolution verte étouffée en Iran est, quant à elle, le contre-exemple d'une éventuelle contagion.

Photo: leschroniquesdelouise

mardi 18 janvier 2011

Journalistes et parlementaires

14h45 à l'Assemblée Nationale. La salle de presse est archi-comble. Caméra sur l'épaule ou bloc-notes à la main, les journalistes guettent les politiques. Les portes vitrées donnent sur un jardin d'où arrivent les députés pour l'ouverture de la session parlementaire. Chacun fait son entrée à sa façon.
Dans un coin, Noël Mamère parle devant deux caméras. David Douillet arrive tout sourire, tandis que Bernard Debré se dirige à son tour vers l'intérieur de l'hémicycle. Nicolas Domenach, directeur adjoint de Marianne, passe dans la foule.
Les députés des Pyrénées-Orientales Jacqueline Irles et Daniel Mach échangent quelques mots avec des Catalans. Ils évoquent le sud et le soleil.
Les tambours annoncent soudain l'entrée du président. Il traverse la haie de militaires au garde à vous.

Jean-Louis Borloo est l'un des derniers à gagner l'hémicycle.

Aujourd'hui, les parlementaires débattent sur la réforme de la garde à vue.
François Fillon prend la parole en premier. Entre huées et applaudissements, Alain Juppé, Xavier Bertrand et divers députés interviennent ensuite dans les débats.

MAM est assise aux côtés de Roselyne Bachelot. Elle quitte soudain la salle discrètement. Un élu tapote sur son portable. David Douillet discute avec son voisin.
D'autres lisent Libé. La rubrique "Portrait" est consacrée à Michel Mercier. Il pose debout sur la photo. Et en bas de l'hémicycle, le garde des sceaux se lève et, penché sur ses notes, lit sa déclaration.


Photos: leschroniquesdelouise

vendredi 3 septembre 2010

Le festival de l'image

A Perpignan, le rendez-vous annuel des photojournalistes du monde entier est, une fois de plus, un succès. La ville catalane voit ses terrasses et ses places assaillies par les professionnels de l'image, appareils photo à la main, badges du festival autour du cou. Ils déambulent dans les rues de la ville, d'expositions en conférences, jamais pressés, plutôt décontractés.
Le matin, ils prennent la direction du Palais des Congrès pour des rencontres et débats.
Le soir, ils se pressent au Campo Santo, cloître accolé à la cathédrale, où un écran géant et des gradins accueillent des spectateurs avides d'images. Ces soirées quotidiennes retracent l'actualité de l'année écoulée et développent divers sujets en lien avec l'état du monde. Sous le ciel étoilé et dans le décor silencieux des pierres millénaires du vieux Perpignan, la défense du photojournalisme bat son plein.

L'intérieur de l'église des dominicains où sont exposées les photographies de Michael Nichols sur les séquoias en Californie

Depuis vingt-deux ans, Visa pour l'image envahit, durant deux semaines, les hauts lieux historiques de la ville où de nombreuses photographies sont exposées. Elles présentent des sujets brûlants d'actualité et sensibilisent les opinions.
Les violences contre les femmes indiennes, la guerre de Gaza, les arbres en Californie, les pèlerinages dans les différentes religions du monde, la polygamie aux Etats-Unis, la Jérusalem chrétienne, le séisme d'Haïti montrent bien la grande diversité des expositions de Visa pour l'Image.

Vendredi 3, 19h15. Le Figaro Magazine convie les professionnels du festival à un cocktail dinatoire au Clos St Jean. L'entrée est fermement gardée par de jeunes hôtesses, le carton d'invitation est le sésame précieux de ce lieu privilégié. Dans la cour du restaurant, les buffets regorgent de spécialités aux couleurs du sud. Tout autour, on parle anglais, espagnol, japonais.

Carton d'invitation du Figaro Magazine

19h35. "Oui, c'est vrai qu'il y a beaucoup de photojournalistes", s'exclame une élégante photographe, tandis que son interlocuteur s'épanche sur les difficultés du métier. Une journaliste de Reporters sans Frontières cherche des yeux un visage connu dans la foule. Derrière elle, une femme allume une cigarette en tapotant sur son blackberry. Dans un coin, une tête dépasse toutes les autres: Jean-François Leroy, fondateur et directeur du festival, est très entouré.

20h10. Les invités continuent d'affluer dans la cour contigüe aux murs de la cathédrale.



Samedi 4, 11h, Palais des Congrès. Martina Bacigalupo est l'heureuse lauréate du Prix Canon de la Femme Photojournaliste. Décerné par l'Association des Femmes Journalistes (AFJ) et soutenu par Le Figaro Magazine, ce prix permet de soutenir un projet photos pendant un an et met ainsi en lumière le travail des femmes reporters. Celles-ci préfèrent bien souvent les sujets les plus difficiles et il n'est pas rare de les retrouver pendant des guerres ou dans des contextes de violence.

Canon, principal partenaire du festival, a installé ses quartiers au rez-de-chaussée du Palais des Congrès. Un espace où seul les "badgés" peuvent entrer. Les photojournalistes vont se lover dans les gros fauteuils blancs entre deux conférences, profitent de l'air conditionné, admirent les appareils photo en vitrine ou peuvent aller se faire photographier dans le petit studio aménagé pour l'occasion.

Dimanche, les professionnels de l'image rentreront à Paris, à Londres, à Barcelone, à Tokyo. Et Perpignan retombera dans sa tranquilité méditerranéenne en attendant la prochaine édition de Visa pour l'image.


Photos: leschroniquesdelouise

mercredi 23 septembre 2009

Dans les couloirs du Figaro

Boulevard Haussmann à Paris. L’édifice du Figaro est imposant. Mais quand on en franchit la porte, on le trouve tout simplement rassurant. Il est moderne et lumineux à tous les étages.

Sauf peut-être au studio TV, au sous-sol, là où plusieurs fois par semaine défilent les invités du Talk-Orange. Ce matin, Michèle Alliot-Marie est venue débattre. Très élégante, elle s’est entretenue avec les quelques journalistes qui la retenaient avec leurs questions.
Finalement, son attachée de presse l’a conduite vers l’ascenseur ; l’agenda d’un ministre est si chargé. Et de fait, l’après-midi, la garde des sceaux était à l’Assemblée Nationale.

Plus tard dans la matinée, je vois Jean Sévillia à la photocopieuse. Il sourit, s’excuse gentiment de me faire attendre. Nous évoquons le sud où je l'avais rencontré une première fois.

A l’étage du Madame Figaro, le bureau de Stéphane Bern reste désespérément vide. Est-il en train de préparer son prochain « Carnet » pour le Madame ?

Retour au sous-sol. Dans le silence des bureaux de la documentation, je parcours les différents rayons des archives du Figaro et tombe sur un numéro de 1966. Une photo de Philippe Bouvard, tout rajeuni, trône en milieu de page. En bas, une caricature de Pompidou.
Petit saut dans le temps : me voilà en 1991. Le Figaro parle de Massoud, de la maladie de Mère Teresa qui a déjà 81 ans, et il présente un jeune Laurent Fabius en première page.

La veille, Le Figaro a innové sa nouvelle maquette, une présentation plus aérée et plus en couleurs. Les numéros archivés semblent bien vieux. Ils sont les témoins d’une époque révolue.

Le lendemain, à 18h, l’invité du Talk-Orange est Jean-Pierre Jouyet, président de l’Autorité des marchés financiers. Anne Fulda le reçoit et lui soumet les questions des internautes. De l’autre côté de la vitre, nous suivons le débat sur les écrans.

Quand l’invité aura quitté le studio, les lumières s’éteindront en attendant qu’une nouvelle journée recommence au Figaro.

mercredi 2 septembre 2009

L'agonie du photojournalisme

Voilà que j'écris la 30e chronique de ce blog (merci à vous fidèles lecteurs) au moment où se déroule, pour la 21e année consécutive, le festival international de photojournalisme de Perpignan: Visa pour l'image.

Une fois de plus, la ville est envahie par les photographes et les journalistes, venus du monde entier. La vie perpignanaise s'anime. Les divers lieux d'expositions parsèment le centre ville et accueillent chaque jour des foules nombreuses.
Cette année, on peut admirer des photos de Barack Obama durant sa campagne puis ses premiers jours de président des Etats-Unis. Des photos de la révolution islamique en Iran en 1979. Des photos de femmes de la classe ouvrière américaine plongées dans la misère. Des photos des conséquences de l'urbanisation en Chine. Des photos de Papouasie-Nouvelle-Guinée où quotidiennement le Mont Tarvurvur envoie des cendres sur la ville et ses habitants.

Ce festival est toujours une réussite, pourtant on nous assure que le photojournalisme est en train de mourir... Il agonise malgré ce rendez-vous annuel qui reste incontournable pour les professionnels et les amateurs.


Expositions citées:
Barack Obama: CALLIE SHELL/Aurora Photos/ Cosmos pour Time Magazine
44 jours. L'Iran et la reconstruction du monde: DAVID BURNETT/ Contact Press Images
Upstate Girls. Ce qu'il advint de Collar City: BRENDA ANN KENNEALLY/ Lauréate 2008 du Prix Canon de la Femme photojournaliste
La Cité des Cendres. Quinze années de cendres: une histoire de survie, d'espoir et de ténacité: ULLA LOHMANN