dimanche 6 juin 2010

Vibrer avec Mozart

Tandis qu'une chaleur étouffante règne sur Paris, la fin d'après-midi s'étire lentement sous la menace d'un orage. Derrière la place de Catalogne, l'église de Notre-Dame du Travail s'emplit peu à peu d'une foule nombreuse, venue pour écouter un concert : le Requiem de Mozart.

L'architecture n'est pas belle. Les voûtes sont soutenues par des piliers de fer et d'acier, tels ceux qu'ont trouve dans une gare ou une usine. Drôle de cohabitation avec le sacré du lieu.
Pourtant ce soir, dès que la musique s'élève, la beauté des notes de Mozart fait vite oublier le manque d'harmonie dans l'église.

Les choristes sont en noir. Les musiciens en blanc. Chacun retient son souffle quand les violons se mettent à jouer, puis les violoncelles. Le choeur alors commence à chanter, les ténors et les basses d'abord, les sopranes et les alti ensuite. La musique s'envole, puissante, et remue jusqu'au plus profond de son être celui qui, à ce moment précis, écoute le Requiem.
Les quatre solistes s'avancent à présent et, tour à tour, chantent leurs morceaux tandis que le choeur reprend en puissance.

Pendant plus d'une heure, cette dernière oeuvre de Mozart -qu'il ne put achever avant sa mort et fut complétée par la suite- ravit, bouleverse, fait vibrer l'auditoire tout entier.
Voilà que les archets des violons s'agitent, les mains courent à toute vitesse sur les cordes des violoncelles.
La prière pour les morts se termine. Et le public se lève et n'en finit pas d'applaudir le choeur et l'orchestre.

mardi 1 juin 2010

Revoir Rebecca

J'ai revu récemment le film Rebecca, adpaté par Alfred Hitchcock du célèbre roman de Daphné du Maurier. Un magnifique long-métrage où le réalisateur a réussi à restituer l'ambiance propre aux livres de l'auteur.

La nouvelle Madame de Winter, jouée par la charmante Joan Fontaine, est frêle et innocente. Elle ne parvient pas à se sentir chez elle dans sa demeure de Manderley. Tout rappelle l'épouse disparue dans un naufrage quelques années plus tôt et dont Maximilien de Winter semble ne s'être jamais remis.
Ceux qui l'ont connue vantent l'intelligence et la beauté de la défunte Rebecca qui hante encore la maison et les êtres qui l'ont aimée.
Tout au long du film, Max de Winter, incarné par l'élégant Laurence Olivier, parvient à faire douter de la véracité de ses sentiments pour son épouse. Celle-ci, malgré ses maladresses et sa gaucherie, ne va pas tarder à découvrir le terrible secret qui ronge son mari.

C'est un film à voir ou à revoir absolument. Une histoire d'amour en noir et blanc, dont la beauté, le mystère et le dénouement vous laisseront sans voix.

vendredi 7 mai 2010

Souvenirs de Turquie

Les minarets d'Istanbul s'élancent vers le ciel azur, les coupoles des mosquées pointent leur nez au-dessus des toits, les chants des muezzins résonnent dans la cité du Bosphore, le parfum de l'Orient vous ennivre... Le souvenir d'Istanbul ne vous quittera plus.


Au fond de la Corne d'Or, le souvenir de Pierre Loti plane au-dessus du cimetière d'Eyüp. C'est là qu'il vécut son histoire d'amour contée dans "Aziyadé", à relire absolument.

Que reste t-il du romancier français à Eyüp? Un vieux café "Piyerloti" où turcs et touristes savourent les derniers rayons de soleil de la journée.

La cour d'une mosquée à l'heure de la prière ou le rite des ablutions

Atatürk, le visage de la République laïque. Au Palais de Dolmabahçe, dans sa chambre mortuaire, les pendules sont arrêtées à 9h05 précises, l'heure où il s'éteignit.


Bateau-bus sur le bosphore

Le Croissant et l'étoile. Le Croissant et la croix.



Deux thés ou "iki çay"...






Photos: leschroniquesdelouise

Dessins: Sophie Bordeaux

dimanche 2 mai 2010

La vie stambouliote II

Une journée stambouliote commence.
La nuit a été longue pour certains; la vie nocturne à Istanbul est intense (voir ma chronique La vie stambouliote).
Les pêcheurs qui ont passé la nuit sur le pont de Galata plient bagages et vont se coucher, tandis que les premiers bateaux arrivant de la rive asiatique déposent les travailleurs matinaux. Les vendeurs de pain simit crient leurs prix, font le bonheur des gens pressés qui engloutissent leur petit-déjeuner sur le chemin du travail.

Dans la matinée à la Ziraat Bank au-dessus de Çemberlitaş, la file d'attente est impressionante. Des hommes d'affaires traversent la rue et partent pour un rendez-vous.
Dans le quartier des libraires, les étudiants viennent acheter livres et cahiers à prix réduits avant d'aller déguster quelques pains au fromage sur la place de Beyazit devant l'université.
C'est l'heure de la récréation dans la cour d'une école et les enfants jouent devant une statue d'Atatürk ornée du drapeau national.

Le parc de Gülhane offre un spectacle ravissant avec ses tulipes colorées. Quelques femmes voilées bavardent sur l'herbe au soleil.


À l'heure du déjeuner, quelques ruelles en dessous de la mosquée bleue, une famille de gitans est sur le départ pour un mariage. Le marié ne parvient pas à mettre sa cravate, et il partira sans y avoir réussi... La mariée passe en voiture, invisible, derrière des vitres teintées.

À Istanbul, on n'oublie jamais un visage. Maşala salue celui qui, la veille, a poussé la porte de sa pâtisserie.
En fin de journée, à la Teknik Üniversitesi, les étudiants en architecture traversent les immenses couloirs du beau bâtiment et se dirigent vers la sortie, tandis que certains s'éternisent à la cafétéria où la musique est à plein volume.

C'est bientôt l'heure de pointe à la gare maritime d'Eminonü. Les embouteillages de voitures et la foule devant les débarcadères font une drôle de cacophonie.

En début de soirée, à l'ombre de la mosquée de Atik Ali Pasa, une cour intérieure abrite des fumeurs de narghilé. Les murs sont recouverts de tapis, les canapés forment des carrés conviviaux. Les fumeurs, des hommes en grande majorité, suivent un match de foot à la TV, et se détendent en buvant leur thé. Un jeune homme travaille sur son ordinateur mac book au milieu de grands nuages de fumée.

C'est l'heure d'aller danser dans l'Istanbul moderne, là où les petits bars ont étalé leurs tables dans les rues. Les jeunes qui s'y pressent chaque soir contrastent avec la population traditionnelle de certains quartiers de la ville. Une Turquie à deux vitesses. Si vous avez la chance d'avoir la sympathie du gérant du bar, il vous salue comme un vieil ami, vous installe à la meilleure table et vient bavarder avec vous. La nuit stambouliote ne fait que commencer.

Pour conclure cette chronique, voici quelques photos d'un moment historique que j'ai eu la chance de vivre à Istanbul : le gouvernement turc a autorisé, pour la première fois depuis 33 ans, une grande manifestation sur la place de Taksim à l'occasion du 1er mai. Malgré une forte présence policière un peu oppressante, ils étaient plus de 200 000 à être venus de toute la Turquie pour célébrer ce grand jour.




Istanbul, capitale européenne de la culture pour 2010

Photos: leschroniquesdelouise

mardi 20 avril 2010

La vie aérienne

Contrariée par le volcan islandais, me voilà restée à Paris dans l'attente d'un vol pour Istanbul. C'est fou comme un voyage se prépare, se fait désirer, se dessine... Et puis, tout d'un coup, tout disparaît. La frénésie du départ, les préparatifs, les projets, les envies. Un évènement extérieur décide pour vous et vous ne pouvez rien faire ou dire. Sur ce sujet, je recommande le très bel article de Jean d'Ormesson paru hier dans Le Figaro. "Le nuage volcanique qui traverse l'Europe et perturbe le trafic aérien ramène les hommes à leur modeste condition", écrit l'académicien. La plume d'un sage sur l'Homme et la Nature.

Depuis quatre jours déjà le ciel parisien est d'un bleu profond, il scintille sous le soleil, mais il reste imperturbablement silencieux.
Pas un bruit d'avion qui retentisse. Pas une seule trace blanche qui macule le ciel. Scruter l'infini azur ne procure qu'angoisse et tristesse. Mais où est passée la vie, la vie aérienne?... Où sont les points blancs qui ont tant de fois traversé mon champ de vision en se dirigeant vers des terres lointaines?

Hier après-midi, face au Luxembourg, une foule se massait devant le bureau d'Air France. En attente de billets ou avec l'espoir d'une information.

Ce matin, on apprend que les ministres européens ont décidé de la réouverture partielle des aéroports. Au moindre bruit similaire à celui d'un avion, on sursaute et on scrute le ciel. Le trafic aérien reprend peu à peu. Mais pour combien de temps?
L'arrivée d'un nouveau nuage de cendres pourrait, encore une fois, compromettre la vie aérienne.

mercredi 31 mars 2010

Soirée madrilène pour deux acteurs

Il est minuit à la Puerta de Alcala et la nuit madrilène ne fait que commencer.
0:06. Une hôtesse accueille les invités à l'entrée du bar "Ramsés". Son look colle à la perfection avec le nom du lieu, bar hype et branché, couru tous les soirs de la semaine, réputé pour ses cocktails, idéal pour tout type d'évènements. Elle ressemble à Isis avec ses grands yeux charbonneux, ses cheveux d'un noir de jais tirés en arrière et sa longue silhouette de femme fatale.
0:30. Une soirée privée attend les acteurs Gerard Butler et Jennifer Aniston, venus présenter leur dernier film dans la capitale espagnole. Les voitures se garent devant les larges trottoirs face au parc du Retiro. La salle supérieure du bar se remplit peu à peu.

0:45. Deux filles russes font la connaissance de deux garçons sud-américains. Photos à l'appui ou comment se retrouver sur facebook. Les hommes sont gominés. Les filles perchées sur des talons vertigineux.
0:56. Fumer cigarette sur cigarette et tremper ses lèvres dans un wildberry martini. Les acteurs vont-ils arriver?...

1:22. Une présentatrice tv, toute blonde platine, quitte le bar. Le cameraman et son assistante qui attendaient de pied ferme depuis une heure s'en vont. Lassés de se geler à l'entrée du bar.
1:30. Des chauffeurs déposent encore des invités. D'autres partent faire la fête ailleurs. Toujours pas de Gerard ni de Jennifer.

2:23. Ils ne viendront pas. Le lieu était à leur disposition et tous ont attendu, en vain. Mais peut-être que leur dîner s'est éternisé ou que l'envie leur est passée de venir profiter d'une fête madrilène. Libre à eux de planter là tous leurs invités.


Photos : leschroniquesdelouise

lundi 22 mars 2010

Corneille, le métro et Aurélien

Dans le Quartier Latin, les librairies se disputent les trottoirs pour écouler leurs livres bon marché. Les bacs sont pleins à craquer. "Romans. 0,20 centimes". L'illusion Comique me tombe dans les mains. Les textes sont beaux. Il suffit de fermer les yeux pour ré-entendre les acteurs déclamer les vers de Corneille et revivre l'histoire du jeune Clindor et de la princesse Isabelle.
Mais, une oeuvre de Corneille à vingt centimes, est-ce son prix?

"Je te le dis encor, ne sois plus en alarme:
Quand je veux, j'épouvante; et quand je veux, je charme;
Et, selon qu'il me plaît, je remplis tour à tour
Les hommes de terreur, et les femmes d'amour."

Pour égayer le quotidien parisien, quoi de mieux qu'un peu d'histoire à chaque station de métro? Lorànt Deutsch a fait le pari de raconter Paris en parcourant les lignes du "métropolitain". On apprend que la Lutèce des origines ne se situait pas sur l'Île de la Cité mais à Nanterre. Que la Place d'Italie était tout simplement une étape sur la via romana qui menait à Lyon et à Rome. Que le Louvre -loewer dans la langue franque- n'était qu'un camp fortifié dressé par les Francs qui assiégeaient Paris. Que la station Châtelet tire son nom de petites forteresses de l'époque de Charles le Chauve, appelées petits châteaux ou encore châtelets.

Sortons du métro. C'est le moment de prendre l'air. Et d'ouvrir Aurélien de Louis Aragon. Il suffit de se promener dans les rues de Paris avec Aurélien et Bérénice, les amoureux brisés.
"Merveille de Paris. Ne plus penser. (...) Il y avait les Grands Boulevards et il y avait le Luxembourg, il y avait la gare de l'Est et il y avait Montrouge. Changer de quartier n'était une infidélité à personne: les Invalides ne la gronderaient pas du temps passé aux Buttes Chaumont."

vendredi 12 mars 2010

Scène théâtrale vs scène politique

Un soir de représentation à la Comédie Française est comme un rêve, ou plutôt une parenthèse dans le quotidien. La beauté et la somptuosité du lieu saisissent le spectateur. Les dames n'ont plus leurs beaux atours, les messieurs ne portent plus de beaux habits. Quoique, dans l'assistance soudain, on voit un noeud papillon. Le seul. À la place des belles dames, une classe de lycéens occupe sur trois rangées les fauteuils du premier balcon.
Lever de rideau. Fantasio entre en scène. Fantasio est un cynique, un révolté. Il va pourtant réussir à devenir le bouffon du roi de Bavière et empêcher la princesse Elisabeth d'épouser le ridicule prince de Mantoue, joué par un très drôle Guillaume Gallienne.
C'est une femme qui joue Fantasio, suprenant au premier abord. On s'habitue très vite à sa voix rauque et à son travestissement. Les officiers, prince et roi sont solennels dans leurs beaux habits. Oeuvres de Christian Lacroix. Sublime, la robe de mariée de la princesse Elisabeth la rend radieuse et mélancolique à la fois.

Le Cirque d'hiver, un lieu insolite pour un meeting du PS.
A l'entrée, un homme-pancarte dénonce une injustice: ex-chauffeur de François Hollande et Martine Aubry, il n'a pas été payé pour ses six derniers mois de service...
Entrée côté journalistes. La salle de presse est immense. Mais voilà déjà tous les professionnels de l'information installés dans les gradins du Cirque, caméras, appareils photos et ordinateurs en main. Les jeunesses socialistes font flotter leurs banderoles rouges, roses et blanches.
Bertrand Delanöe, Martine Aubry et Jean-Paul Huchon font leur entrée au son de la musique des Lapins Féroces. Tout un programme.
Dans l'assistance, beaucoup de jeunes, des sourires. Applaudissements et acclamations ponctuent les discours des politiques.
Les journalistes travaillent, impassibles à l'excitation des militants.
Martine Aubry parle depuis presque une heure. Le Cirque a commencé de se vider.
Tous se précipitent à la fin pour embrasser leurs candidats, les flashes brillent et la foule s'éparpille à la sortie.

lundi 1 mars 2010

En route vers le Sud

Dans l'obscurité du petit matin, le train s'ébranle et quitte le remue-ménage parisien.
La campagne est humide et fade. Les arbres ne sont encore que des ombres tristes qui peinent à s'extraire de la brume matinale. De temps à autre, un clocher ou une ferme surgit de la grisaille. C'est encore l'hiver dans le Nord.
Et voilà que le Sud approche. Une lueur d'espoir brille faiblement: la mer, le soleil, l'Espagne. Passé Narbonne, juste avant Port-la-Nouvelle, le train traverse des eaux d'un bleu azur et profond. Il semble transporter ses voyageurs vers des îles inconnues, perdues dans un empire lointain de la Méditerranée.
Deux mouettes s'envolent. Un pêcheur, debout sur sa barque, remonte son filet. Et le train file à vive allure vers son but. "Toujours plus au sud", semble-t-il dire. Vers le soleil, vers le bonheur. Il n'est déjà plus aux milieux des eaux. La mer s'étend à l'Est. Derrière la ligne de l'horizon, se devinent d'autres îles et d'autres contrées, toutes ensoleillées.
Charmant printemps qui s'annonce avec ses amandiers en fleurs, tandis que la neige blanchit encore les sommets pyrénéens.
Dans le lointain, les Albères, dernière barrière (naturelle) avant l'Espagne, derrière lesquelles on devine l'étendue du royaume ibérique et les grandes plaines sèches et jaunes de Castille. À l'Ouest, le Canigou, montagne fière et majestueuse qui veille jalousement sur sa région depuis des siècles. Le train a atteint son but. Le sud du Sud. Le Roussillon.

samedi 13 février 2010

Se souvenir des Camondo

Un petit goût d'orientalisme dans les intérieurs d'une maison bourgeoise du début du vingtième siècle. Un trésor niché à deux pas du parc Monceau.

Nissim de Camondo était fils, petit-fils et arrière petit-fils de mécènes juifs venus de Constantinople et installés à Paris. Il aurait pu reprendre les activités de son père et vivre heureux dans la somptueuse demeure familiale du 8e arrondissement. Le destin en a décidé autrement: aviateur durant la première guerre mondiale, Nissim est mort lors d'une mission.
Son père, Moïse, lègue son hôtel particulier à l'Etat peu avant de mourir, pour qu'il devienne un musée portant le nom de son fils.
Dans chaque pièce où l'on pénètre, il semble qu'un Camondo va nous recevoir ou nous saluer. Tout est en ordre. Les salons sont chaleureux, la bibliothèque et ses beaux livres tendent leurs bras au visiteur, l'ascenseur n'attend plus qu'un passager pour monter. Peut-être que la famille est tout simplement sortie et ne rentrera qu'à l'heure du thé. Les domestiques porteront alors une collation dans le salon bleu, au moment où la nuit tombe et qu'il fait bon être chez soi.


Voir aussi l'exposition "La splendeur des Camondo, de Constantinople à Paris (1806-1945)" au musée d'art et d'histoire du Judaïsme (Paris 3e).

À lire : Le dernier des Camondo, Pierre Assouline

samedi 23 janvier 2010

Des musiciens clandestins à Téhéran

Après les événements de juin et les répressions qui continuent de sévir en Iran, Les chats persans est un film brûlant d'actualité. Il nous plonge dans le quotidien des jeunes iraniens qui survivent dans la République Islamique avec leurs passions et leurs espoirs.

Alors que les jeunes groupes de musique fleurissent en Europe, ils sont considérés comme un crime en Iran et poussent les jeunes talents à l'exil.
Le régime n'apprécie pas la musique et surtout pas le rock, venu d'Occident.
Le réalisateur Bahman Ghobadi a choisi de mettre en scène la jeune Negar et son ami Ashkan qui veulent monter un groupe d'hindie rock et partir donner des concerts en Europe, seule alternative aux interdictions du régime. Il a tourné secrètement dans des salles de concert et des studios clandestins où survivent, malgré tout, de nombreux groupes de musique.
Malgré quelques scènes un peu lentes dûs au style documentaire-fiction, on espère un dénouement heureux pour les deux jeunes musiciens qui cherchent à obtenir de faux papiers, ainsi qu'un batteur et deux guitaristes.
Au fur et à mesure de leurs rencontres, ils assistent aux répétitions de groupes amis dans des lieux secrets voire incongrus: une grange, une cabane construite sur les toits ou encore les fins fonds d'une cave. Et chaque chanson, dont la plupart en persan, s'illustre d'une séquence d'images sur le quotidien de Téhéran.
Pour un peu de musique "défendue", Negar et Ashkan vivent un drame. La nature des obstacles qu'ils ont à surmonter rappellent ceux de la jeune Marjane Satrapi, héroïne de Persépolis, qui cherchait à échapper à l'emprise religieuse en Iran dans les années 80.
Véritable ode à la liberté, Les chats persans, en plus d'informer sur un pays plongé dans l'obscurantisme, dévoile la réalité d'une culture trop souvent lourde de clichés.
Une chanson de rap persan invoquant Dieu au dessus des toits de Téhéran ou une fête bourgeoise arrosée d'alcool qui finit par une descente de police suffisent à montrer une jeunesse iranienne bien plus proche de nous qu'on ne pourrait l'imaginer.


vendredi 15 janvier 2010

2010 et l'Europe

2010 sera très certainement l'année de l'Europe.
Le Traité de Lisbonne vient (enfin) d'entrer en vigueur et de nouveaux changements viennent bouleverser le paysage européen.
Désormais, on ne parle plus de Communautés Européennes mais bien d'Union Européenne. Cette dernière a enfin acquis la personnalité juridique et de plus en plus de compétences lui sont transférées.
C'est une évolution qui devenait plus que nécessaire. L'UE n'est plus une notion floue mais bien une entité, un tout.
C'est une bonne chose pour les juristes et pour les politiques.
Est-ce une bonne chose pour les citoyens européens?
Car enfin ce qu'ils ne savent pas, c'est que le principe de primauté de la loi européenne sur les lois nationales est désormais consacré. Ce dernier n'est pas inscrit dans un article du Traité mais dans l'annexe n°17 (article 1-6), ce qui n'est en fait qu'un choix politique, un leurre. Car en réalité, l'annexe a les mêmes applications et conséquences juridiques que les articles du Traité; la norme européenne prime donc désormais sur toute loi nationale.
Une autre innovation majeure du Traité de Lisbonne réside dans la création de deux nouvelles fonctions: un président permanent du Conseil européen (réunion des chefs d'Etat et de gouvernement) et un haut représentant pour les relations extérieures. Lisbonne implique donc une réunification de la fonction internationale.
La nomination d'un président du Conseil, le belge Herman Van Rompuy, n'a, pour l'instant, pas aboli la présidence tournante des Etats. L'Espagne vient ainsi d'entamer ses six mois de présidence et Zapatero va devoir coordonner son action à celle de Van Rompuy.
Une Europe à deux têtes pour 2010.

vendredi 18 décembre 2009

Neige et confidences d'un joueur

Depuis la fenêtre et la chaleur de la pièce, je vois tomber la neige sur les arbres du jardin. Doucement, sans bruit, elle se pose, elle s'invite, elle recouvre tout. Elle embellit les arbres et les toits. En les blanchissant, elle leur offre un manteau qui leur donne fière allure. Cette neige qui tombe apaise. C'est le temps de Noël.
Dans la rue, les passants avancent prudemment. La vie continue mais elle est ralentie. Tout Paris retient son souffle.

L'ex-numéro 1 mondial de tennis, André Agassi, est de passage à Paris pour présenter son autobiographie: Open. Il y raconte avoir détesté le tennis, forcé à y jouer dès l'âge de 7 ans par un père qui le terrifiait. Il avoue s'être drogué en 1997 et parle de l'échec de son mariage avec Brooke Shields.

Au forum de rencontres de la Fnac, une longue file d'attente stationne devant le stand où tout à l'heure il viendra s'asseoir. Une contestation s'élève soudain: "Vous trouvez ça normal qu'il ait des droits d'auteur après tout ce qu'il a gagné comme joueur?..."

Lui était-il nécessaire d'écrire ce livre pour soulager sa conscience? En tout cas, André Agassi a voulu faire preuve de courage.