vendredi 24 avril 2009

Quand Audrey devient Coco


Dans le nouveau film d'Anne Fontaine, Audrey Tautou se glisse dans la peau d'une femme de légende et immortalise ses débuts dans le monde. Elle incarne la jeune Gabrielle Chanel qui devient une véritable icône de la mode de son époque; époque où le vêtement est le reflet de conventions trop rigides à son goût.

Alors Gabrielle devient Coco en observant les usages et les tenues de ses contemporains et en les transformant à l’aide de petits détails de la vie quotidienne.
Tout ce qui l’interpelle -une marinière, une veste en tweed, une chemise d’homme- passe entre ses doigts pour donner naissance à un style nouveau. La garde robe masculine l’inspire et la sobriété prend le pas sur l’exagération des toilettes féminines. Le film est en effet rythmé de séquences de ribambelles de froufrous, volants et plumes, avant que simplicité et décontraction ne deviennent les mots d'ordre de Coco Chanel. En supprimant le corset de la tenue féminine, elle invente une liberté avec distinction.

Dans certaines scènes, on la voit toucher les tissus, les froisser, les couper, les sentir prendre forme entre ses doigts.
«Le noir fait ressortir les yeux », dit-elle lorsqu’elle choisit un tissu pour confectionner sa robe d'une soirée au Casino. Alessandro Nivola, qui incarne son parfait amant, l'y emmène danser. Son accent so british le rend si attachant!

Coco Chanel a réinventé l'élégance. Cette femme hors du commun a bel et bien révolutionné la mode de son temps.
L’affirmation de sa liberté est passée par le vêtement.

dimanche 19 avril 2009

Retour dans le XVIe siècle


Puisque quelques-uns d'entre vous m’ont demandé de commenter certaines de mes lectures, j’ai choisi dans cette nouvelle chronique de vous parler de trois ouvrages qui m’ont fait découvrir la beauté de la France du XVIe siècle, la France de la Renaissance, des châteaux et des rois mécènes. De plus, des séjours en Val de Loire m’ont permis d’apprécier la beauté de ses châteaux.
Le roman de Chambord, comme son titre l’indique, est une longue fresque chronologique qui rapporte les origines du château, les évènements qui s’y sont déroulés, les rois et les hommes qui s’y sont intéressés. Au fil des chapitres, Xavier Patier nous livre l’histoire du plus fascinant des châteaux français. En le lisant, on a envie d’en voir (ou revoir) les imposantes murailles, d’apercevoir sa silhouette au fond de la forêt, de repartir sur les traces de François Ier.

Ces châteaux qui ont surgi à l’aube du XVIe siècle et n’ont cessé de fleurir avec les successeurs de François Ier, étaient des symboles de la puissance royale et du génie français. On les faisait construire pour éblouir l’ennemi, braver l’empereur ou faire rayonner la culture française. Mais ces châteaux étaient aussi le refuge du roi loin de la cour de Paris ou encore un gage d’amour envers sa dame. Ainsi Diane de Poitiers reçut-elle Chenonceau comme cadeau d'Henri II, son royal amant et de vingt ans son cadet.

L’art de vivre au temps de Diane de Poitiers est un portrait vivant de cette femme d’élégance, de beauté et de goût qui, sans avoir eu une vie exemplaire, ne fut pas moins l’une des plus grandes mécènes de son temps et qui rayonna sur son époque.

Mais, bien que ces deux livres soient de précieux guides pour une meilleure approche de la Renaissance, le roman de Jeanne Bourin reste sans conteste celui qui m’a le plus fascinée sur l'histoire du XVIe siècle.

Les amours blessées relatent l’histoire d’amour d’un poète à l’époque d’Henri II, un poète qu’on oublie souvent ou qui fait partie d’un mythe qu’on ne cherche plus à creuser : Pierre de Ronsard a pourtant été le plus grand artiste de son temps. Lors d’un bal à Blois en 1545 il tombe fou amoureux de la jeune Cassandre Salviati; des amours qui durèrent pendant plus de quarante ans et qui furent sources d’inspiration inépuisables du poète.
Cette époque reste assez contrastée avec des conflits qui déchirent l’Europe, des règnes trop courts, des guerres de religions, cependant Jeanne Bourin parvient à reconstituer le cadre de la vie quotidienne d’une femme et d’un homme pris dans la tourmente de leur histoire.

En fermant le livre, on ne peut que se remémorer les vers de Pierre de Ronsard.
Douce beauté qui me tenez le coeur,
Et qui avez durant toute l'année
Dedans vos yeux mon âme emprisonnée,
La faisant vivre en si belle langueur.
Ha que ne puis-je atteindre à la hauteur
Du ciel tyran de notre destinée?
Je changerais sa course retournée,
Et mon malheur je muerais en bonheur.
Mais étant homme il faut qu'homme j'endure
Du ciel cruel la violence dure
Qui me commande à mourir pour vos yeux.
Donc je viens vous présenter, madame,
Ce nouvel an, pour obéir aux cieux,
Le coeur, l'esprit, le corps, le sang et l'âme.

dimanche 5 avril 2009

Vintage en temps de crise

Un dimanche après-midi en plein coeur de Paris. Une petite rue dans le Marais, un porche d'où ne cessent d'entrer et sortir quelques personnes plutôt branchées et stylées.

Le salon du vintage accueille un public qui reflète le thème de l'évènement, avec pochettes vernies, chemises à jabot, petites robes fleuries, blousons en cuir, ...

À l'intérieur chaque stand rivalise d'excentricité et de style face à une foule venue nombreuse.
Chacun est en quête de la perle rare ou d'un trésor sorti droit de cet univers en vogue.


Le vintage est bien d'actualité. Avec la crise, il est temps de ressortir les vieux vêtements et accessoires de nos grand-mères. Récupérer et mettre à jour.
En fouillant parmi les tenues diverses, on comprend mieux d'où viennent certaines influences de la mode d'aujourd'hui, marquée par les chemises à carreaux et les imprimés fleuris.




Lorsque résonne soudain la mythique chanson "Ouragan" de Stéphanie de Monaco, on se croirait presque retourné dans une époque qui semblait pourtant révolue!

On sort de ce salon en voulant revoir des films des années 60, 70, 80, en rêvant de robes à froufrous, en souhaitant dénicher un de ces petits sacs en cuir qui remplacerait bien notre gros sac à main.

Ces derniers jours je suis tombée à plusieurs reprises sur des articles mentionnant la crise et la mode, la mode au cœur de la crise, comment s’habiller en temps de crise, etc…
Le "recyclage" de vêtements et la récupération de fripes sont à l'ordre du jour!
Photos: leschroniquesdelouise