lundi 22 février 2010

Quand l'Occident caricature l'Orient

En face du Pont des Arts, juste à côté de la Coupole de l'Institut de France, les salons Comtesse de Caen accueillent une exposition originale.
"Un Orient de consommation", lit-on sur les grandes affiches de publicité d'époque.
Est-ce mon vif intérêt pour les thèmes orientaux qui me fait voir leur présence un peu partout? Ou bien n'est-ce qu'une question de mode qui, une fois de plus, n'est que passagère? On s'entiche d'un pays, d'une culture, avant d'en découvrir une autre, plus attrayante et plus riche.

Une vidéo de la chanson de Bob Azzam "Mustapha-Chérie je t'aime, Chérie je t'adore" est projeté en noir et blanc sur un mur et rythme toute l'exposition.
Le ton est donné. Entrons dans l'univers fascinant de l'Orient.
Affiches publicitaires, cartes postales, bandes-dessinées, livres se côtoient et reprennent tour à tour quatre grands thèmes: l'exotisme, le regard ethnographique, l'érotisme et la perspective historique.

samedi 13 février 2010

Se souvenir des Camondo

Un petit goût d'orientalisme dans les intérieurs d'une maison bourgeoise du début du vingtième siècle. Un trésor niché à deux pas du parc Monceau.

Nissim de Camondo était fils, petit-fils et arrière petit-fils de mécènes juifs venus de Constantinople et installés à Paris. Il aurait pu reprendre les activités de son père et vivre heureux dans la somptueuse demeure familiale du 8e arrondissement. Le destin en a décidé autrement: aviateur durant la première guerre mondiale, Nissim est mort lors d'une mission.
Son père, Moïse, lègue son hôtel particulier à l'Etat peu avant de mourir, pour qu'il devienne un musée portant le nom de son fils.
Dans chaque pièce où l'on pénètre, il semble qu'un Camondo va nous recevoir ou nous saluer. Tout est en ordre. Les salons sont chaleureux, la bibliothèque et ses beaux livres tendent leurs bras au visiteur, l'ascenseur n'attend plus qu'un passager pour monter. Peut-être que la famille est tout simplement sortie et ne rentrera qu'à l'heure du thé. Les domestiques porteront alors une collation dans le salon bleu, au moment où la nuit tombe et qu'il fait bon être chez soi.


Voir aussi l'exposition "La splendeur des Camondo, de Constantinople à Paris (1806-1945)" au musée d'art et d'histoire du Judaïsme (Paris 3e).

À lire : Le dernier des Camondo, Pierre Assouline

mardi 2 février 2010

Johnny et ses groupies

Un groupe de british déjantés en concert dans une salle de Paris. L'un a le sourire de Hugh Grant. L'autre un corps tout fluet. Il s'agite et s'égosille au micro.
Mais déjà, le chanteur britannique, star de la soirée, fait enfin son entrée.

Johnny Flynn a des allures de pâle troubadour. Il salue le public dans un français plutôt correct, et puis voilà qu'il se met à gratter sa vieille guitare.
Il a la voix d'un cow-boy ; une voix qui fait voyager au coeur de la nuit étoilée dans un ranch, autour d'un feu.

Les groupies collées au devant de la scène scandent son nom. Le beau minois de Johnny baisse les yeux. Déjà il enchaîne sur la chanson suivante. Il a l'allure d'un garçon de dix-huit ans qui gère mal son succès auprès des filles. Johnny en a vingt-cinq et charme son auditoire féminin.
Le côté mélancolique de sa musique reflète l'influence du grand Shakespeare dont Johnny interprète les pièces à ses heures perdues. Puis soudain la chanson redevient gaie. Et il a ce sourire de travers.

Le concert est terminé. Les filles se ruent sur lui. Johnny signe les autographes et se laisse prendre en photo. Et il sourit encore une fois.


Photo: leschroniquesdelouise