lundi 24 mai 2010

Les citadins vont aux Champs

"Nature Capitale". Une drôle d'initiative pour voir les Champs Elysées tout en vert. Pourtant l'idée a séduit les parisiens. Ils n'ont cessé d'affluer durant deux jours sur l'avenue la plus célèbre de Paris pour admirer les installations de plantes, arbres et autres espèces végétales, conçues par le créateur d' "art de rue" Gad Weil.
À l'occasion de la journée mondiale de la biodiversité (samedi), il était intéressant de montrer le visage de l'agriculture française. Et l'opération semble avoir suscité un réel engouement chez les citadins.
Faire comprendre l'importance de l'agriculture, respecter la nature, penser aux générations futures : un message que les parisiens ont reçu avec enthousiasme.



Photos: leschroniquesdelouise

mardi 18 mai 2010

Les Arméniens se mobilisent à Paris

Cet après-midi, près du Luxembourg, les bus déviaient leur trajets pour "cause d'une manifestation". Dès que le chauffeur l'annonce, les gens râlent, questionnent, se rassoient ou bien descendent du bus pour s'engouffrer dans le métro... D'autres partent à pied en longeant les grilles du parc. Et voilà que devant le Sénat, des banderoles, des barrières et des policiers annoncent la couleur.

Quelques 600 arméniens et sympathisants, députés et élus municipaux, sont venus exiger des Sénateurs l'adoption d'une loi condamnant la négation du génocide des Arméniens de 1915. Le texte adopté par l'Assemblée Nationale en 2006 est toujours bloqué au Sénat...
Mais la communauté arménienne ne l'entend pas de cette oreille. Plus question d'attendre, il faut agir. D'où le grand rassemblement pour dire à la République qu'elle ne peut plus rester indifférente face au négationnisme.




Photos: leschroniquesdelouise

mardi 11 mai 2010

Peinture espagnole et raffinement français

Une matinée au musée Jacquemart-André pour admirer les grands maîtres espagnols. "Du Greco à Dalí". La collection de Pérez Simón offre un panorama de peinture espagnole des quatre derniers siècles, dont les oeuvres sont réunies sous divers thèmes (la fête populaire, l'art religieux, le corps de femme, le portrait...).

L'un de mes peintres préférés reste Joaquín Sorolla, celui qui savait peindre la lumière du soleil. La grande majorité de ses peintures illustrent des scènes en bord de mer, à Valencia ou Jávea, là où les pêcheurs jettent leurs filets dans la lumière du matin, là où les enfants courent sur les plages dans la lumière de l'après-midi...
Mais pour mieux connaître Sorolla, il faut visiter absolument son ancienne demeure madrilène transformée en musée. Un petit bijou au coeur de la capitale ibérique.

Soleil du matin


Raffinement français dans les salons du musée. Le rez-de-chaussée a été transformé en café-restaurant. On déjeune en imaginant facilement le quotidien du couple Jacquemart-André. Une terrasse agrandit la pièce aux beaux jours . Un couple d'anglais contemplent les poignées dorées d'une porte. Une petite dame élégante déguste sa tarte aux myrtilles choisie avec soin sur la table des desserts.
À l'entrée, une file d'attente ne cesse de croître. Quelques tables se libèrent. Il est 14h et la pluie n'a pas cessé dehors, laissant les visiteurs transis mais heureux d'entrer dans ce décor de raffinement français.


Photo: leschroniquesdelouise

vendredi 7 mai 2010

Souvenirs de Turquie

Les minarets d'Istanbul s'élancent vers le ciel azur, les coupoles des mosquées pointent leur nez au-dessus des toits, les chants des muezzins résonnent dans la cité du Bosphore, le parfum de l'Orient vous ennivre... Le souvenir d'Istanbul ne vous quittera plus.


Au fond de la Corne d'Or, le souvenir de Pierre Loti plane au-dessus du cimetière d'Eyüp. C'est là qu'il vécut son histoire d'amour contée dans "Aziyadé", à relire absolument.

Que reste t-il du romancier français à Eyüp? Un vieux café "Piyerloti" où turcs et touristes savourent les derniers rayons de soleil de la journée.

La cour d'une mosquée à l'heure de la prière ou le rite des ablutions

Atatürk, le visage de la République laïque. Au Palais de Dolmabahçe, dans sa chambre mortuaire, les pendules sont arrêtées à 9h05 précises, l'heure où il s'éteignit.


Bateau-bus sur le bosphore

Le Croissant et l'étoile. Le Croissant et la croix.



Deux thés ou "iki çay"...






Photos: leschroniquesdelouise

Dessins: Sophie Bordeaux

dimanche 2 mai 2010

La vie stambouliote II

Une journée stambouliote commence.
La nuit a été longue pour certains; la vie nocturne à Istanbul est intense (voir ma chronique La vie stambouliote).
Les pêcheurs qui ont passé la nuit sur le pont de Galata plient bagages et vont se coucher, tandis que les premiers bateaux arrivant de la rive asiatique déposent les travailleurs matinaux. Les vendeurs de pain simit crient leurs prix, font le bonheur des gens pressés qui engloutissent leur petit-déjeuner sur le chemin du travail.

Dans la matinée à la Ziraat Bank au-dessus de Çemberlitaş, la file d'attente est impressionante. Des hommes d'affaires traversent la rue et partent pour un rendez-vous.
Dans le quartier des libraires, les étudiants viennent acheter livres et cahiers à prix réduits avant d'aller déguster quelques pains au fromage sur la place de Beyazit devant l'université.
C'est l'heure de la récréation dans la cour d'une école et les enfants jouent devant une statue d'Atatürk ornée du drapeau national.

Le parc de Gülhane offre un spectacle ravissant avec ses tulipes colorées. Quelques femmes voilées bavardent sur l'herbe au soleil.


À l'heure du déjeuner, quelques ruelles en dessous de la mosquée bleue, une famille de gitans est sur le départ pour un mariage. Le marié ne parvient pas à mettre sa cravate, et il partira sans y avoir réussi... La mariée passe en voiture, invisible, derrière des vitres teintées.

À Istanbul, on n'oublie jamais un visage. Maşala salue celui qui, la veille, a poussé la porte de sa pâtisserie.
En fin de journée, à la Teknik Üniversitesi, les étudiants en architecture traversent les immenses couloirs du beau bâtiment et se dirigent vers la sortie, tandis que certains s'éternisent à la cafétéria où la musique est à plein volume.

C'est bientôt l'heure de pointe à la gare maritime d'Eminonü. Les embouteillages de voitures et la foule devant les débarcadères font une drôle de cacophonie.

En début de soirée, à l'ombre de la mosquée de Atik Ali Pasa, une cour intérieure abrite des fumeurs de narghilé. Les murs sont recouverts de tapis, les canapés forment des carrés conviviaux. Les fumeurs, des hommes en grande majorité, suivent un match de foot à la TV, et se détendent en buvant leur thé. Un jeune homme travaille sur son ordinateur mac book au milieu de grands nuages de fumée.

C'est l'heure d'aller danser dans l'Istanbul moderne, là où les petits bars ont étalé leurs tables dans les rues. Les jeunes qui s'y pressent chaque soir contrastent avec la population traditionnelle de certains quartiers de la ville. Une Turquie à deux vitesses. Si vous avez la chance d'avoir la sympathie du gérant du bar, il vous salue comme un vieil ami, vous installe à la meilleure table et vient bavarder avec vous. La nuit stambouliote ne fait que commencer.

Pour conclure cette chronique, voici quelques photos d'un moment historique que j'ai eu la chance de vivre à Istanbul : le gouvernement turc a autorisé, pour la première fois depuis 33 ans, une grande manifestation sur la place de Taksim à l'occasion du 1er mai. Malgré une forte présence policière un peu oppressante, ils étaient plus de 200 000 à être venus de toute la Turquie pour célébrer ce grand jour.




Istanbul, capitale européenne de la culture pour 2010

Photos: leschroniquesdelouise