lundi 30 novembre 2009

Le livre en fête

Dimanche, le Palais de la Bourse à Paris accueillait le 25e salon du livre du Figaro Magazine. En fin d'après-midi, les grandes fenêtres du palais étaient toutes illuminées.
200 écrivains s'étaient donnés rendez-vous et leurs fidèles lecteurs n'auraient manqué pour rien au monde ce grand moment: la rencontre avec leurs auteurs préférés et la dédicace de leurs derniers livres.

Immédiatement en rentrant, on ne pouvait que remarquer Jean d'Ormesson, l'homme de lettres et académicien aux yeux bleus et aux cheveux blancs comme neige. Sagement assis derrière sa table, il signait et signait, tout souriant. Je lui ai tendu mon exemplaire de "Et toi mon coeur pourquoi bats-tu", livre où il a recueilli tous les extraits de littérature et de poésie qu'il chérit.

De l'autre côté des tables, la foule se pressait devant Frédéric Beigbeder. Mais étaient aussi assaillis Edouard Balladur, Jean-Louis Debré et Valery Giscard d'Estaing; les hommes politiques devenus écrivains.

Plus loin, Stéphane Bern, droit comme un i et tout sourire. La chaise vide de Patrick de Carolis.
Nicole Lambert et ses albums des Triplés. En face d'elle, trois Jean: Sévillia, le journaliste, Raspail, le romancier, Tulard, l'historien.

Philippe Tesson et son fils Sylvain déambulaient entre les tables. Le père, chroniqueur au Figaro Magazine et à Valeurs Actuelles, regardait le fils avec fierté. Sylvain Tesson a parcouru le monde entier à pied, à vélo, à cheval et écrit les récits de toutes ses aventures.

Caroline Pigozzi, journaliste à Paris Match, présentait son dernier livre "Les robes rouges", consacré aux Princes de l'Eglise: vingt cardinaux y sont présentés et interviewés.

Au fond dans les dernières tables, Michel Déon, tout penché sur sa table, s'appliquait à dédicacer son dernier livre. Un grand écrivain français qui, au crépuscule de sa vie, laisse derrière lui une oeuvre admirable. En le voyant ainsi, je n'ai pu m'empêcher de me remémorer "Un déjeuner de soleil", l'histoire d'un écrivain dont la vie trépidante est inventée de toutes pièces, ainsi que la liste innombrable de ses romans. Un chef d'oeuvre à lire absolument.


Photos: leschroniquesdelouise

jeudi 26 novembre 2009

Un week-end ensoleillé à Madrid

L'automne à Madrid est si apaisant, si calme, si beau. Le soleil madrilène illumine le ciel azur et les feuilles jaunes des arbres luisent sur les avenues de la capitale.

La gare routière de Moncloa fourmille d'activité. Les bus en direction de la ciudad universitaria transportent les étudiants qui s'éparpillent ensuite sur l'immense campus universitaire.

Le marché San Miguel s'est refait une beauté. Juste derrière la Plaza Mayor, les habitués viennent s'accouder au comptoir des fromageries, charcuteries et autres commerces pour boire una copa. Le soleil perce à travers les grandes vitres.
Les fins d'après-midi près de Bilbao et Alonso Martinez sont animées, les cafés ne désemplissent pas.

Sur la route de la Coruña, après avoir quitté Moncloa, la Sierra se dresse en arrière-fond. Paisible, froide, illuminée par le soleil d'automne, elle adresse un salut amical aux madrilènes qui partent en week-end.
Dans un village près de la Sierra, un magnifique "chalet" accueille une foule de jeunes invités, une fête commence. Et elle dure toute la nuit entre les murs de cette maison chargée d'histoire et de souvenirs de famille.

Photos: leschroniquesdelouise

lundi 16 novembre 2009

Pour un concert de Tchaïkovski

Je suis récemment revenue du cinéma enchantée du nouveau film de Radu Mihaileanu.
Hymne à la musique, "Le concert" s'ouvre sur un morceau de Mozart qui transporte déjà le spectateur. On peste contre la sonnerie du portable d'Andrei Filipov (Alexei Guskov), le chef d'orchestre devenu homme de ménage du Bolchoï, qui interrompt la répétition.

Sur fond de communisme désenchanté, défile l'histoire et la vie d'un orchestre russe qui vient à Paris au théâtre du Châtelet. Ce concert brasse à la fois la filiation, les souvenirs, l'amitié, la solidarité, l'humanité. Mais par dessus tout, une jeune fille violoniste (Mélanie Laurent) qui découvre qui étaient ses parents.

Le tout sur fond du concerto pour violon de Tchaïkovski.
La beauté et la force de la musique font ressentir toute l'émotion vécue par la jeune violiniste à chaque instant du concert. C'est beau, on en re-veut, on désire que la musique ne s'arrête jamais quand les lumières se rallument.

vendredi 6 novembre 2009

La vie stambouliote

Vivre à Istanbul, c'est vivre hors du temps.

Façonnée par tant de civilisations et de splendeurs, Istanbul vibre au son des appels à la prière, est rythmée par le passage incessant des bateaux sur le Bosphore et la Corne d'Or, garde le regard tourné vers l'Orient, s'intéresse à l'Europe.

Istanbul sent le thé, le vent, le jasmin, le poisson, la friture, la poussière, la mer.
Les Stambouliotes vivent sous le regard du palais de TopkapI qui, du haut de la ville, semble encore voir les sultans déambuler dans ses jardins.
La Tour de Galata, quant à elle, veille sur l'Istanbul moderne, ses artères commerçantes et ses rues animées le soir lorsque la jeunesse turque fait la fête.
A la nuit tombée, le pont du Bosphore s'illumine, il devient bleu et guide les bateaux qui remontent vers la mer noire.

Il pleut sur Istanbul.

Les mosquées sont grises dans le décor brumeux de la ville. Une foule mouillée entre dans le marché aux épices afin de se réapprovisionner en thé; les pigeons envahissent les marches de la Mosquée Neuve.
Les marchés ne désemplissent pas dans le quartier traditionnel de Fatih, les femmes voilées de noir de la tête aux pieds s'empressent de rentrer chez elles. D'autres vont chercher leurs enfants à l'école, sans oublier de leur acheter un pain "simit" au marchand de rue.

Sur le bateau qui la ramène vers Kadiköy sur la rive asiatique, une jeune lycéenne révise ses cours. Un serveur passe en proposant thés et cafés.
L'appel à la prière résonne dans la fin d'après-midi, quelques hommes d'affaires se déchaussent avec hâte à l'entrée d'une mosquée, les pieds mouillés, et rentrent prier.

Les mouettes volent autour des minarets tandis que la nuit tombe sur Istanbul, une sorte de magie mystérieuse envahit la ville. L'autre visage d'Istanbul. Une nouvelle vie commence lorsque la pénombre a recouvert la cité du Bosphore.


Les jeunes stambouliotes chantent et dansent sur les tubes turcs dans les bars près d'Istikhâl Caddesi, pendant que les pêcheurs s'activent à quatre heures du matin sur le pont de Galata, que les nombreux taxis arpentent les artères de la ville, que les ouvriers réparent les voies du tramway. Istanbul reste en activité. Elle attend une nouvelle journée qui sera illuminée par le soleil.

Ville déchirée entre l'Orient et l'Occident, Istanbul est pétrie de beauté, de liberté, d'authenticité.
Istanbul est une ville où l'on flâne sans jamais perdre son temps. Chaque rue est un spectacle à voir sans cesse, sans se lasser. On s'y évade, s'y perd parfois.

Istanbul est comme un rêve formulé sur le bout des lèvres qui ne finira jamais.

"Il y a dans le Bosphore quelque chose qui semble avoir besoin de la poésie, de la peinture et de la musique pour s'exprimer", affirme l'écrivain Abdülhak Sinasi Hisar.



Photos: leschroniquesdelouise