lundi 22 mars 2010

Corneille, le métro et Aurélien

Dans le Quartier Latin, les librairies se disputent les trottoirs pour écouler leurs livres bon marché. Les bacs sont pleins à craquer. "Romans. 0,20 centimes". L'illusion Comique me tombe dans les mains. Les textes sont beaux. Il suffit de fermer les yeux pour ré-entendre les acteurs déclamer les vers de Corneille et revivre l'histoire du jeune Clindor et de la princesse Isabelle.
Mais, une oeuvre de Corneille à vingt centimes, est-ce son prix?

"Je te le dis encor, ne sois plus en alarme:
Quand je veux, j'épouvante; et quand je veux, je charme;
Et, selon qu'il me plaît, je remplis tour à tour
Les hommes de terreur, et les femmes d'amour."

Pour égayer le quotidien parisien, quoi de mieux qu'un peu d'histoire à chaque station de métro? Lorànt Deutsch a fait le pari de raconter Paris en parcourant les lignes du "métropolitain". On apprend que la Lutèce des origines ne se situait pas sur l'Île de la Cité mais à Nanterre. Que la Place d'Italie était tout simplement une étape sur la via romana qui menait à Lyon et à Rome. Que le Louvre -loewer dans la langue franque- n'était qu'un camp fortifié dressé par les Francs qui assiégeaient Paris. Que la station Châtelet tire son nom de petites forteresses de l'époque de Charles le Chauve, appelées petits châteaux ou encore châtelets.

Sortons du métro. C'est le moment de prendre l'air. Et d'ouvrir Aurélien de Louis Aragon. Il suffit de se promener dans les rues de Paris avec Aurélien et Bérénice, les amoureux brisés.
"Merveille de Paris. Ne plus penser. (...) Il y avait les Grands Boulevards et il y avait le Luxembourg, il y avait la gare de l'Est et il y avait Montrouge. Changer de quartier n'était une infidélité à personne: les Invalides ne la gronderaient pas du temps passé aux Buttes Chaumont."

1 commentaire:

  1. Que la vie serait triste sans la littérature !

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